Tour de Corse (21 octobre 2005)
Ravis de vous retrouver pour
Une dernière aventure, avant d'attaquer une
Nouvelle année rallystique...
Après le rallye du Mont-Blanc, l’Association RUN se mobilise pour l’organisation du déplacement d’octobre en Corse.
Eh oui, grâce aux efforts des membres de l’Association et à l’aide
conjointe de la FFSA et de Michelin, nous serons présents au départ de
la 49ème édition du Rallye de France Tour de Corse, du 17 au 23 octobre 2005.
Habituée au Championnat de France des Rallyes, l’Association à en effet
décidé de s’engager dans une nouvelle aventure en faisant UN rallye du
Championnat du Monde, celui si cher à Patrick. Le fait de remplacer le
mot « France » par « Monde » paraît simple, et, même si le terrain de
jeu se trouve être la Corse et pas le Japon, toute l’organisation prend
une nouvelle dimension. Heureusement, chacun a consacré le temps et
l’énergie nécessaires pour mener à bien sa mission.
Tout commence par la recherche d’un budget conséquent.
Heureusement, en tant que participant au Trophée Michelin dans le cadre
du Championnat de France, la FFSA et Michelin ont décidé d’aider les
engagés en Corse, par une aide financière sur le prix de l’engagement
pour la FFSA, et, une dotation en pneus pour Michelin.
Merci à tous ceux qui ont œuvrés pour cela.
De plus, notre Sponsor COROTEC a apporté un important soutien
financier. En remerciement, la Saxo revêt une nouvelle robe à ses
couleurs et invite son dirigeant à partager l'aventure en « VIP ». Ne
sont pas oubliés les partenaires habituels de l’association.
Ensuite il faut trouver du temps. Le fait de ne pas
participer au rallye du Touquet permet de gagner une semaine de travail
et surtout de ne pas endommager la voiture avant la grande épreuve.
Pour les gîtes, le plus compliqué est de connaître le
nombre de personnes désireuses de suivre l’épreuve. Ensuite,
Anne-Marie, LA spécialiste, recherche les meilleurs gîtes le plus
proche possible du point central du rallye, c’est-à -dire Ajaccio. Cinq
superbes gîtes seront donc retenus pour accueillir les 17 passionnés
venus encourager Patrick et Frédéric.
La Corse n'étant tout de même pas aussi facile d’accès
que cela, il aura fallu gérer pour certains les transports en bateau,
en avion, et à des jours d’arrivée et de départ différents. Des tarifs
très intéressants sont proposés par Corsica Ferries pour transporter
les véhicules de course et d’assistance ainsi que les pilotes et
mécaniciens.
Tout est donc prêt pour notre participation à cette
épreuve... mais le conflit de la SNCM, qui paralyse la Corse,
empêchera-t-il le rallye d’avoir lieu ? Les yeux rivés à leur
ordinateur, Patrick et Frédéric liront dans un premier temps
l’annulation du rallye VHC (Véhicules Historiques de Compétition) et
enfin la confirmation que l’épreuve mondiale aura bien lieu.
Et voilà enfin le départ vers Ajaccio de la Saxo, de
l’équipage, et de 7 accompagnateurs qui veulent vivre l’intégralité de
l’aventure. Tout ce petit monde se retrouve le dimanche matin pour
descendre vers Toulon.
Après quelques bières avec Damien, le cousin de Patrick
qui habite Toulon, embarquement pour relier Bastia de nuit. Le trajet
de Bastia à Ajaccio se fera en convoi routier, en (re)découvrant cette
très belle île. Arrivée aux gîtes en avance !
Et maintenant place au rallye…
Dès le
lundi soir, débutent les contrôles administratifs, et c’est à partir de
ce moment-là que Patrick et Frédéric se sentent vraiment privilégiés.
En effet tout est à l’échelle d’une très grande épreuve mondiale. Tout
y est magnifiquement organisé avec un timing précis, et sur le port
d’Ajaccio, s’il vous plaît !
La seule différence qui est faite par l’organisateur
entre les équipes d’usine et les vrais amateurs, est l’emplacement dans
le parc d’assistance : les amateurs se retrouvent en fond de parking,
loin des écuries d’usine qui regorgent de véhicules, matériels, et
personnels totalement dévoués à la cause de leur équipe. Il faut
reconnaître qu’il est assez facile de s’adapter à une organisation
aussi professionnelle.
Les reconnaissances se déroulent mardi et mercredi.
L'équipage doit se lever très tôt, et Nadège pimentera un peu plus la
chose en provoquant une panne totale d'électricité.
Ensuite, il faut se concentrer car les spéciales sont
longues, avec seulement 2 passages, et des horaires de reconnaissance
très stricts. Vous savez, les routes de Corse sont très sinueuses, donc
même pour tenir la faible moyenne imposée par l’organisateur, il faut
vraiment rouler à un rythme élevé, sans flâner.
Une mauvaise appréciation de l’ordre de reconnaissance
des spéciales obligera Patrick à faire « voler » la C2 sur la liaison
Ajaccio-Sagone pour pouvoir faire le 2ème passage dans les temps. L’équipage n’en dira pas plus sur les méthodes utilisées pour réaliser ce 2ème passage, car certains lecteurs de ce compte-rendu pourraient appartenir aux forces de l’ordre ou au comité d’organisation.
Mais, comme d’habitude, Patrick aura été très inspiré en se battant avec la C2 et contre le chronomètre pour réaliser ce 2ème
passage. En effet, le couple LAFONT qui n’a pas insisté, et n’a donc
fait qu’un passage, partira à la faute dans cette spéciale et se verra
dans l’obligation d’abandonner sa belle place au classement.
La fin des reconnaissances sera fêtée par un succulent
repas corse, dans la pure tradition, avec guitares, chanteurs et «
Dragulinu » !!!
Jeudi, c’est la journée des grands, qui participent au «
shakedown », c’est-à -dire qu’ils s’amusent avec leurs voitures de
course sur une route de 7 kilomètres pour faire des essais et des
réglages. En tant qu’amateurs, Patrick et Frédéric ne peuvent pas y
participer : de toutes façons, ils n’ont pas besoin de faire de
réglages puisque le préparateur les a déjà fait pour eux.
Les participants de l’Association RUN côtoieront pour la 1ère
fois les pilotes professionnels. Il y en a des souvenirs dans les têtes
et sur les photos avec Monsieur LOEB et tous ses copains du Championnat
du Monde... Et nous tairons les
débordements des pom-pom girls de RUN !
Jeudi soir : vérifications techniques et présentation
des véhicules. Heureusement, Frédéric est réveillé d'une bonne sieste
par une erreur de téléphone, sinon...
Tout est à la hauteur d’un rallye mondial. Horaire de
passage respecté, contrôle du véhicule sur pont élévateur, mise en
place d’un GPS de sécurité avec explications en anglais par le
technicien de la FIA. Puis, passage sur le podium de présentation avec
l’ex-speaker du Championnat de France en retraite : vous savez, celui
qui plaisante toujours sur la corpulence de notre équipage et sur leur
spectaculaire sortie de route au Rouergue 2002.
En qualité de pilotes amateurs ils échapperont aux
briefings des directeurs techniques, des constructeurs, et des pilotes
d’hélicoptères.
La journée se terminera par un superbe feu d’artifice
sur le port d’Ajaccio, et bien évidemment par une soirée au gîte avec
une préparation "grandiose" de Sylvie, notre trésorière et Chantal,
nouvelle venue : cochonnailles, ripailles, et boisson régionale
(Pietra) seront au programme des réjouissances. Patrick et Frédéric
iront se coucher en pensant aux 973 kilomètres dont 396 de spéciales
corses qui les attendent sur les trois prochains jours.
Départ du rallye le vendredi à 8h30 pour le premier
partant. Au menu du jour, 2 spéciales à parcourir 2 fois, soient 121
kilomètres de chronomètre pour une arrivée vers 19 heures. Patrick
commence, car il fait les spéciales impaires.
Première surprise au CH de départ, il y a une horloge
digitale avec des chiffres tellement grands qu’un mal-voyant pourrait
lire l’heure, et ça leur va bien aux 2 quadragénaires.
Deuxième surprise : Frédéric descend de voiture pour
aller pointer, mais se fait sermonner par le commissaire : « ON NE
DESCEND PAS DE VOITURE !! » Ok ça aussi, ça leur ira bien : c’est
sympa, le Championnat du Monde ! La procédure de départ y est presque
identique à celle du Championnat de France, avec son « arbre de Noël »
qui décompte les secondes avec feux rouges, puis çà doit partir... et
c’est parti !
Et en Corse, pas le temps pour le copilote de regarder
la route : les notes défilent à vitesse « grand V », et la voiture ne
reste jamais très longtemps en ligne droite. Après 33 kilomètres, et
après avoir doublé le concurrent de la 206 n° 73 partie deux minutes
avant, votre équipage arrive juste derrière la Subaru n° 66, partie
devant. Ils sont 45ème au classement général.
Spéciale n° 2 : c’est à Frédéric de prendre le volant pour une spéciale
de 28 kilomètres. Tout est OK, et l’équipage et la Saxo est à l’aise
sur des routes presque inconnues ou seulement les notes annoncées par
le navigateur donnent le rythme et le sens des virages qui s’enchaînent à une cadence effrénée. 41ème temps dans la spéciale et 43ème au « scratch ».
Retour à Ajaccio pour l’assistance : c’est super-sympa d’être obligés
par les forces de l’ordre de passer aux feux rouges et de prendre les
sens interdits. Pourquoi n’est-ce pas pareil à Paris, quand on est en
retard pour ses rendez-vous ?
2ème boucle avec les mêmes spéciales. Pour ceux qui n’ont pas d’ouvreur, l’organisateur fournit un état de la route à la fin de la 1ère
boucle. Ayant du mal à interpréter les distances de référence, votre
équipage favori abandonnera rapidement l’idée de s’en servir.
D’ailleurs, en Championnat de France, ce système n’existe pas et ils
s’en passent bien.
Donc, le pilotage sera adapté à l’état de la route
découverte dans le virage. Aucune faute pour les 2 complices qui
effectueront des temps leur permettant de réaliser tous les deux, le 42ème temps de leur spéciale et d’atteindre l’arrivée de la 1ère journée à la 42ème place au général.
Cette étape sera marquée par l’abandon de l’équipage des « Jean-Claude
», GAILLARD et PASSAQUIN, sur leur Clio, qui se sont fait piéger dans
un « droite » couvert de cailloux.
Une des spécificités des rallyes du Championnat du Monde
fait qu’un concurrent ayant abandonné peut, après réparation de sa
voiture, reprendre la course le lendemain, avec une pénalité en temps
conséquente. Ils seront donc au départ de la 2ème étape.
Petite soirée au gîte avec les nouveaux arrivés et bien évidemment avec dégustation des produits régionaux.
La 2ème
journée comporte 124 kilomètres de spéciales. Patrick doit en parcourir
72, et Frédéric 52. Ils savent encore éviter tous les pièges pour
arriver en fin de journée à la 37ème place scratch. Par
contre leurs copains à la 106, Nadine et Eric LAFONT, se feront
surprendre dans la spéciale n° 5, celle qu’ils n’avaient pu reconnaître
qu’une seule fois.
Le passage de la 106 sur un pont dans un gauche se
termine par un train arraché dans les garde-corps métalliques. Et un
deuxième équipage du Tophée Michelin qui abandonne. Eux aussi, après
réparation, reprendront le départ le lendemain pour la 3ème étape.
Soirée au gîte avec l’équipe au complet, soient 26 personnes. Le
sommeil des pilotes est troublé par des rêves composés de pilotage en
spéciale et d’annonces de virages.
96 kilomètres chronométrés et 156 kilomètres de liaison pour cette 3ème
étape du dimanche. Patrick fait la spéciale d’Acqua Doria, longue de 16
kilomètres. "Sa" spéciale. Il la connaît bien car c’est la route qui
passe devant la maison de son grand-père.
De plus, certains chanceux de l’équipe ont loué un
hélicoptère pour suivre la Saxo. Donc, grosse attaque pour Patrick, qui
s’amuse comme un fou en faisant de grosses glissades, à la juste limite
du raisonnable. Et que dire du « jump » (saut) qui régalera les
spectateurs ?
Quant à Frédéric, sa spéciale fait 32 kilomètres, et,
envahi par l’adrénaline, il attaque tel un Champion du Monde. Après un
enchaînement de virages, au moment où Patrick prend le temps de dire
entre les notes : « là , çà va vite », Frédéric sent que sa monture aura
bien du mal à prendre ce dernier « droite », et il « pile tout »
(freine à fond). Heureusement, le revêtement des routes corses Ã
énormément de « grip » (adhérence) : la Saxo s’arrête net, en léger
équilibre sur le bord d’un petit fossé, face à la montagne.
La 2ème boucle de cette journée les amènera à l’arrivée de ce superbe rallye, à la :
31ème place au classement général
Ce résultat est à inscrire dans le Grand Livre de l’association car, arriver 31ème sur 40 classés, pour 64 partants d’un rallye du Championnat du Monde est une performance plus qu’honorable.
Tout le monde est ravi de ce très beau résultat, et le passage sur le
podium avec musique, bises aux hôtesses, remise de coupes, discours de
Patrick, restera dans les mémoires.
Mais il faut penser à remonter vers Paris. Comme Ã
l’aller, certains en avion, d’autres par la route. Mais personne
n’arrêtera le convoi, ni le responsable italien de l’embarquement, qui
trouve que le plateau est plus large au retour qu’à l’aller, ni les
forces de l’ordre, qui n’apprécient pas de voir circuler cette même
remorque, supportant la Saxo doubler sur la troisième file de
l’autoroute.
Le paiement d’une surtaxe pour l’Italien et d’une
contravention pour les Français permettra de continuer le parcours.
Dans les 2 cas, la trésorière inscrira ces sommes dans son livre de
comptes, au chapitre « extorsion de fonds » !!!
Ce compte-rendu ne serait pas complet sans les remerciements mérités aux participants à cette grande aventure :
• La CORSE et son temps splendide pour un mois d’octobre,
• La FFSA et Michelin,
• Les partenaires et sponsors,
• Ludovic, Sylvain, Pierre, Anne-Marie et Claude, Nadège et Pascal,
• Sylvie, notre trésorière, « Chantalou », Jean-Philippe, et Popaul,
• Michelle et Armand,
• Régis,
• Julie, Laurie et Léna,
• Christian et son neveu,
• Daniel et Joël,
• Edip,
• Willy, l’Italien et le Corse,
• Patrick, Frédéric.
La saison 2005 est terminée... vive la saison 2006 !!!
NB : Les modifications apportées au calendrier du Championnat du Monde
font que le « Rallye de France - Tour de Corse 2006 » se déroulera
début avril (du 7 au 9 précisément), et devrait être identique Ã
l’édition précédente. Enthousiasmée, l’association prévoit son prochain
déplacement en Corse, histoire de dégourdir les pistons de la Saxo
avant le Championnat de France 2006, qui débutera fin avril par le
Lyon-Charbonnières.
A suivre...